Évolution du DPE : l’électricité moins pénalisée dès le 1er janvier
À compter du 1er janvier 2025, le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) connaît une modification importante. L’électricité sera désormais moins pénalisée dans l’évaluation, alignant ainsi la réglementation française sur les standards européens.
850 000 logements sortent de la catégorie passoire thermique
Cette évolution du calcul permet aux logements chauffés à l’électricité (radiateurs électriques, pompes à chaleur, chauffe-eau thermodynamiques) d’améliorer leur classement sans réaliser de travaux. Un bien immobilier peut ainsi passer de la classe F à E, ou de E à D, sortant mécaniquement de la catégorie « passoire thermique ».
Environ 850 000 logements bénéficient de cette requalification. Les propriétaires concernés peuvent télécharger une attestation sur le site de l’Ademe pour officialiser ce nouveau classement.
Des conséquences contrastées pour locataires et propriétaires
Cette modification réglementaire suscite des interrogations quant à ses implications concrètes. Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, souligne que « ce changement de mode de calcul ne change rien pour la qualité des logements ».
Impact sur les droits des locataires
Le statut de passoire thermique ouvre actuellement des droits spécifiques aux locataires, notamment la possibilité d’exiger des travaux de rénovation énergétique auprès du propriétaire et le gel des loyers. Les logements qui perdent cette classification voient ces protections disparaître, ce qui pourrait entraîner des augmentations de loyer.
Diminution des aides à la rénovation
Les propriétaires de logements anciennement classés comme passoires thermiques pourraient également être pénalisés. En perdant cette étiquette, ils perdent l’accès à certaines aides financières renforcées destinées à la rénovation énergétique des logements les plus énergivores. Cette situation représente un paradoxe : un meilleur classement DPE qui pourrait finalement décourager les travaux de rénovation en réduisant les incitations financières.
Une réforme qui interroge
Cette évolution du DPE, bien qu’elle permette d’aligner la France sur les standards européens, pose la question de l’équilibre entre harmonisation réglementaire et objectifs de rénovation énergétique du parc immobilier français. Les effets de cette mesure sur les projets de travaux et sur la relation locataire-propriétaire restent à observer dans les mois à venir.